Harun Yahya


Rechercher la satisfaction maximale de Dieu



Le croyant est pur de tout associationnisme ou autre forme d'ignorance. Il ne place pas ses espoirs dans des divinités imaginaires ni ne cherche à leur plaire en leur devenant servile. Il sert Dieu seul et recherche Son seul plaisir en y vouant tous ses efforts.

La clé des efforts sur la voie de Dieu consiste à rechercher la satisfaction de Dieu au maximum. Lorsqu'il a plusieurs choix - licites - possibles, le croyant se doit d'opter pour celui qui plaît le plus à Dieu.

En résumé, cette attitude se traduit ainsi:

Le croyant doit consacrer toute sa vie à ce qui est "licite". Le Coran renseigne clairement sur ce qui est illicite. En dehors de ces quelques exceptions, tout le reste est licite.

Par ailleurs, le croyant doit orienter ses actions et ses pensées vers la satisfaction optimale de Dieu. Dans cet effort, sa sagesse et sa prévoyance le guideront.

Pour illustrer ce concept, considérons l'action qui consiste à "dépenser dans le chemin de Dieu" (infaq). Les biens et la personne du croyant appartiennent à Dieu. Sachant cela, il met toutes ses possessions au service de Sa cause, de la satisfaction maximale de Dieu et ce, quels que soient les choix qu'il ait à faire. Supposons qu'il dispose d'une somme d'argent considérable avec laquelle il pourrait s'offrir un nouveau costume. Il a tout à fait le droit d'être soucieux de son apparence et cela reste conforme aux principes de la religion. Or, il existe bien d'autres manières d'utiliser cet argent. Donner cet argent à une personne dans le besoin satisferait davantage Dieu. Cette décision ne dépend que de l'individu, selon les conditions spécifiques de son environnement, ses priorités et sa conscience.

Voici un autre exemple: le croyant doit "enjoindre le bien et interdire le mal", communiquer la religion de Dieu et lutter intellectuellement contre les tyrans de ce monde. S'imposer ces responsabilités permet de gagner la satisfaction de Dieu. Quels que soient les devoirs imposés par la religion, il faut savoir établir des priorités de manière cohérente. Prenons l'exemple de l'homme qui a la responsabilité de garantir la sécurité et la nourriture des membres de sa famille. Il ne peut cependant pas utiliser ce devoir comme excuse pour ne pas "enjoindre le bien et interdire le mal" car ce serait tout à fait malséant de la part d'un croyant.

Après réflexion, on comprend qu'effectivement l'âme (nafs) est impliquée lorsque l'individu opte pour ce qui est moins précieux auprès de Dieu. Cela se produit précisément quand une "partie" de l'âme est mise de côté. Il faut en réalité que les actes soient guidés non pas par l'âme mais par la volonté farouche d'atteindre la satisfaction totale de Dieu. S'efforcer à hauteur de 99% à obtenir le consentement de Dieu en laissant de côté 1% pour l'âme n'est peut être pas acceptable aux yeux de Dieu. Car alors l'âme est associée à Dieu. Un seul pourcent d'associationnisme suffit à rendre les actions vaines et inacceptables. Les versets suivants décrivent la situation de ceux qui assignent des partenaires à Dieu:

Et ils assignent à Allah une part de ce qu'Il a Lui-même créé, en fait de récoltes et de bestiaux, et ils disent: "Ceci est à Allah - selon leur prétention! - et ceci à nos divinités." Mais ce qui est pour leurs divinités ne parvient pas à Allah, tandis que ce qui est pour Allah parvient à leurs divinités. Comme leur jugement est mauvais! (Sourate al-Anam, 136)

On peut dire d'une personne prête à risquer sa vie pour protéger sa famille lorsqu'une injustice la frappe, mais qui continue à pratiquer avec insouciance l'oppression et la calomnie contre les croyants, qu'elle ne cherche pas l'approbation de Dieu. Cet homme s'incline et se soumet à son âme (nafs), contrairement à ce que veut la voie islamique: "servir Dieu seul". Le Coran ajoute qu'agir selon ses passions équivaut à attribuer des partenaires à Dieu:

Ne vois-tu pas celui qui a fait de sa passion sa divinité? Est-ce à toi d'être un garant pour lui? (Sourate al-Furqane, 43)

Le croyant en revanche consacre la totalité de ses biens et de sa vie à Dieu. Cette caractéristique élevée des croyants se résume ainsi dans le Coran:

Dis: "En vérité, ma Salât, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, Seigneur de l'Univers." (Sourate al-Anam, 162)

Le Coran relate également comment, en temps de guerre, les croyants de l'époque du Prophète (sur lui la grâce et la paix) recherchaient le plaisir de Dieu. Face à deux groupes d'ennemis, les croyants préféraient se battre contre le plus faible des deux. Or, Dieu a préféré qu'ils affrontent le plus fort des groupes:

Rappelez-vous, quand Allah vous promettait qu'une des deux bandes serait à vous. Vous désiriez vous emparer de celle qui était sans arme, alors qu'Allah voulait, par Ses paroles, faire triompher la vérité et anéantir les mécréants jusqu'au dernier ; afin qu'Il fasse triompher la vérité et anéantir le faux, en dépit de la répulsion qu'en avaient les criminels. (Sourate al-Anfal, 7-8)

Dieu fit en sorte que les croyants affrontent la troupe la plus forte et les guida donc vers ce qui Lui plaisait davantage. Ils triomphèrent avec l'aide de Dieu.

L'exemple cité ci-dessus a un contexte historique mais il n'en demeure pas moins vrai que les Musulmans sont mis à l'épreuve quelle que soit l'époque. Aujourd'hui, par exemple, les musulmans doivent s'engager dans une lutte intellectuelle contre ceux qui réfutent le Coran et la Création et qui propagent l'immoralité. Les musulmans doivent déterminer quelle est la meilleure voie à suivre dans cette lutte et s'y engager. Mais il faut encore une fois rappeler que malgré son engagement dans cette mission, le croyant peut susciter le mécontentement de Dieu s'il se laisse aller à ses passions d'autre part.

Dans tous les cas, ce type de comportement ne se conforme pas au sens de bonne conduite du musulman qui a été choisi par Dieu et à qui la foi a été accordée. Il a la responsabilité d'éradiquer l'injustice et de la remplacer par la paix afin de créer un environnement propice à l'adoration de Dieu. Il a le devoir de combattre pour les hommes, femmes et enfants souffrant de l'oppression et qui invoquent Dieu ainsi: "Seigneur! Fais-nous sortir de cette cité dont les gens sont injustes, et assigne-nous de Ta part un allié, et assigne-nous de Ta part un secoureur."(Sourate an-Nisa, 75)

La lutte ne doit pas se limiter au plan intellectuel. Tout au long de sa vie, le musulman doit maintenir son point de vue au quotidien, dans son adoration et dans toutes les situations.

En même temps, nous devons constamment garder à l'esprit l'expression "faire ce qui plaît le plus à Dieu" qui parle d'elle-même. S'impliquer dans des tâches d'importance secondaire au détriment de ce qui satisfait Dieu est en effet déplaisant aux yeux de Dieu. En bref, plaît à Dieu ce qui est en accord avec Sa volonté.

L'individu se contente de peu sans chercher le plaisir de Dieu car sa vision de l'Au-delà est erronée car il pense mériter le Paradis. Or, personne n'est assuré d'une telle récompense. Dans le Coran, Dieu met même en garde le Prophète (sur lui la grâce et la paix) dans le verset "…or, si Allah voulait, Il scellerait ton cœur…" (Sourate ash-Shura, 24) En somme, le Paradis n'est garanti à personne.

Le croyant sincère, tel que le décrit le Coran, ne peut être affirmer mériter le Paradis. Il prie simplement Dieu avec "crainte et espoir" (Sourate al-Araf, 56).

Lorsque la foi authentique fait défaut, l'homme s'imagine pouvoir entrer au Paradis car il ne craint pas Dieu à sa juste mesure. Il suppose agir dans le bien et, dans le cas où il commettrait des erreurs, il se dit: "Peu importe, je serai pardonné." Le Coran traite de ce type d'individus:

Puis les suivirent des successeurs qui héritèrent le Livre, mais qui préférèrent ce qu'offre la vie d'ici-bas en disant: "Nous aurons le pardon." Et si des choses semblables s'offrent à eux, ils les acceptent. N'avait-on pas pris d'eux l'engagement du Livre, qu'ils ne diraient sur Allah que la vérité? Ils avaient pourtant étudié ce qui s'y trouve. Et l'ultime demeure est meilleure pour ceux qui pratiquent la piété, ne comprendrez-vous donc pas?  (Sourate al-Araf, 169)

Il y a également ceux que la richesse matérielle accordée dans ce monde a éblouis au point qu'ils croient être aimés de Dieu et que par conséquent, ils seront accueillis au Paradis, même s'ils nourrissent des doutes quant à son existence:

Donne-leur l'exemple de deux hommes: à l'un d'eux Nous avons assigné deux jardins de vignes que Nous avons entourés de palmiers et Nous avons mis entre les deux jardins des champs cultivés. Les deux jardins produisaient leur récolte sans jamais manquer. Et Nous avons fait jaillir entre eux un ruisseau. Et il avait des fruits et dit alors à son compagnon avec qui il conversait: "Je possède plus de biens que toi, et je suis plus puissant que toi grâce à mon clan." Il entra dans son jardin coupable envers lui-même (par sa mécréance) ; il dit: "Je ne pense pas que ceci puisse jamais périr, et je ne pense pas que l'Heure viendra. Et si on me ramène vers mon Seigneur, je trouverai certes meilleur lieu de retour que ce jardin." (Sourate al-Kahf, 32-36)

Le musulman, en revanche, craint de "s'égarer après avoir été guidé sur le droit chemin". La prière des croyants est celle transcrite dans le verset suivant:

"Seigneur! Ne laisse pas dévier nos cœurs après nous avoir guidés ; et accorde-nous Ta miséricorde. C'est Toi, certes, le Grand Donateur! " (Sourate Al Imran, 8)

Il faut cependant préciser que la crainte de Dieu n'est pas de la terreur. Au contraire elle motive le croyant et fait de lui un zélé serviteur. En inspirant cette crainte, Dieu s'assure que le croyant mène sa vie au mieux et mérite ainsi le Paradis.

Le Musulman cherche à gagner l'approbation de Dieu durant sa vie dans ce bas-monde qui est éphémère. Ses pensées se concentrent sur un événement unique: prochainement, il mourra et devra rendre des comptes à Dieu sur ses actions. Cela lui vaudra soit la ruine, soit le salut éternel. Aussi semble-t-il peu sage de poursuivre d'autres objectifs.

Pour son salut, le croyant se doit d'obtenir la satisfaction de Dieu. S'il demeure insouciant face au danger qui l'attend, il connaîtra une grande humiliation en Enfer.

Considérons quelques attitudes adoptées face à certains dangers dans le monde présent pour saisir comment rechercher le plaisir de Dieu:

Supposons qu'un déluge immense s'abatte sur vous et que le niveau de l'eau augmente rapidement. Vous contenterez-vous du cinquième étage sous prétexte que c'est suffisamment haut ou vous précipiteriez-vous vers le dixième étage pour sauver votre vie?

Supposons qu'un ascenseur puisse vous emmener en haut du bâtiment. Il est payant et ne fonctionnera qu'une seule fois. Vous disposez de la somme exacte pour vous rendre tout en haut. Donnerez-vous tout votre argent ou resterez-vous à l'étage inférieur qui vous expose aux risques du déluge?

Supposons également qu'une fête ait lieu au sixième étage où vous avez trouvé refuge. Assisterez-vous à la fête ou vous efforcerez-vous de monter plus haut?

Un de vos amis chers a une crise cardiaque et il doit être conduit aux urgences au plus vite. Conduirez-vous aussi vite que vous pouvez ou resterez-vous à une vitesse modérée estimant que c'est suffisamment rapide et que votre ami va tenir?

Face aux dangers, l'homme devient alerte et fait de son mieux pour y échapper. La plus grande menace pesant sur l'homme est l'Enfer. Lorsque l'on cherche la satisfaction de Dieu, la première réaction est d'éviter cette destination.

Pour un moment, imaginons que vous êtes au bord de l'Enfer, autour duquel tout le monde sera réuni le Jour du Jugement et sera témoin de ce qu'il contient. Une fois que vous aurez vu l'Enfer, ne choisirez-vous pas ce qui plaît à Dieu en dehors de toute chose?

Lorsqu'un homme est envoyé en Enfer, il n'a plus la possibilité de revenir en arrière sur ses choix. Il ne fait que rendre des comptes. Le croyant se rappelle qu'il peut partir pour l'Au-delà à tout moment et que l'Enfer est donc tout proche, aussi agit-il en gardant cette éventualité à l'esprit. Le Coran attire, à plusieurs reprises, notre attention sur le fait que tout regret dans l'Au-delà sera vain:

Et là, ils hurleront: "Seigneur, fais-nous sortir ; nous ferons le bien, contrairement à ce que nous faisions." "Ne vous avons-Nous pas donné une vie assez longue pour que celui qui réfléchit réfléchisse? L'avertisseur, cependant, vous était venu. Et bien, goûtez (votre punition). Car pour les injustes, il n'y a pas de secoureur. (Sourate Fatir, 37)

Par ailleurs, tout comme nous nous efforçons de nous écarter du danger, nous devons consacrer davantage d'énergie à accomplir de bonnes oeuvres. Qui se contenterait de peu au Paradis? Si vous quittiez une île pleine d'or, ne prendriez-vous pas avec vous le maximum d'or? Quand viendra l'heure de quitter ce monde, le musulman ne doit pas ressentir de regret et se dire: "Si seulement j'avais fait telle ou telle bonne action." Il doit par conséquent effectuer des choix en fonction de ce qui satisfait Dieu au maximum.

Les non-croyants souhaitent avant toute chose "profiter un maximum de la vie" qui n'est en réalité qu'une "piètre jouissance" (Sourate 3, Al'Imran: 197). Tandis que cette jouissance temporaire est vouée à une fin amère, Dieu promet Sa miséricorde et le Paradis aux croyants. Le croyant souhaitant profiter de cette promesse doit travailler dur pour plaire au mieux à Dieu.


La clé de la satisfaction de Dieu : la conscience



Face à plusieurs choix, le croyant doit opter pour celui qui plaît le plus à Dieu. Sa conscience le guidera dans cette voie. Le Messager de Dieu, le Prophète Mohammed (sur lui la grâce et la paix), souligna l'importance de la conscience au cours d'une de ses conversations:

Une personne demanda au Messager de Dieu (sur lui la grâce et la paix): "Qu'est-ce que la foi?" Il répondit: "Lorsqu'une bonne action devient source de plaisir pour toi et lorsqu'une mauvaise action devient source de dégoût pour toi, tu es alors un croyant." Il demanda encore au Messager de Dieu (sur lui la grâce et la paix): "Qu'est-ce qu'un péché?" À quoi il répondit: "Lorsqu'une chose gène ta conscience, alors abandonne-là." (Tirmidhi)

La différence majeure entre le croyant et le non-croyant tient au fait que le croyant écoutera sa conscience alors que le non-croyant se soumettra à son âme, inspiratrice des méfaits. En somme, le croyant affiche son état naturel lorsqu'il fait attention à sa conscience.

Le croyant n'est néanmoins pas affranchi de toute tentation. Comme le Prophète Yussuf disait: "… l'âme est très incitatrice au mal." (Sourate Youssuf, 53) et elle recommande souvent les alternatives contraires à la colonté de Dieu.

Le croyant évite les pièges de son âme grâce à sa conscience. Face à un choix, il tend vers ce qui lui vient en premier à l'esprit, et qui correspond généralement à ce qui satisfait le plus Dieu. Ensuite, le "moi" intervient en rendant les autres possibilités plus attrayantes et trouvant des prétextes pour les légitimer. Le croyant se montre indifférent à ces prétextes et opte pour le choix initial correct inspiré par sa conscience.


 Aimer au nom de Dieu



Telle est la bonne nouvelle qu'Allah annonce à ceux de Ses serviteurs qui croient et accomplissent les bonnes œuvres! Dis: "Je ne vous en demande aucun salaire si ce n'est l'affection eu égard à nos liens de parenté." Et quiconque accomplit une bonne action, Nous répondons par une récompense plus belle encore. Allah est certes Pardonneur et Reconnaissant. (Sourate al-Baqarah, 165)

Le croyant consacre sa vie entière à Dieu. Il vit pour Dieu, travaille pour Dieu et aime pour Dieu. "Aimer au nom de Dieu" peut paraître incompréhensible pour celui qui n'est pas familiarisé avec le véritable Islam. Lorsque l'on vit longtemps loin de Dieu, il est difficile d'aimer Dieu intuitivement.

En revanche, le croyant se montre reconnaissant de la miséricorde de Dieu à son égard car c'est grâce à Lui qu'il aime et qu'il est en vie. Aussi aime-t-il Dieu pour Ses bienfaits et connaît-il la noblesse d'aimer au nom de Dieu. Dans le Coran, la différence entre les croyants et les autres est ainsi décrite:

Parmi les hommes, il en est qui prennent, en dehors d'Allah, des égaux à Lui, en les aimant comme on aime Allah. Or les croyants sont les plus ardents en l'amour d'Allah ... (Sourate al-Baqarah, 165)

Ceux qui associent des partenaires à Dieu et qui leur octroient les attributs de Dieu, aiment ces partenaires comme ils devraient aimer Dieu. Mais leur amour est basé sur l'associationnisme.

Puisqu'ils sont conscients que tout est la propriété et la création de Dieu, les croyants aiment Dieu avant tout. Cette magnifique caractéristique, conséquence de la reconnaissance de l'unicité et de la suprématie de Dieu, fait du croyant un être différent des autres. Le Prophète (sur lui la grâce et la paix) fait référence à cette qualité ainsi:

Celui qui a trois choses découvrira la douceur de la foi: que Dieu et Son Messager lui sont plus chers que tout, qu'il aime autrui au Nom de Dieu le Très Haut, et qu'il déteste retourner à l'incrédulité au même titre qu'il détesterait être jeté au feu. (Muslim et Bukhari)

D'autre part, les associateurs ne supportent pas la mention de Dieu:

… Et quand, dans le Coran, tu évoques ton Seigneur l'Unique, ils tournent le dos par répulsion. (Sourate al-Isra, 46)

Il faut toutefois mentionner que les idolâtres n'ont aucun mal à se rappeler Dieu en même temps que leurs idoles. C'est pourquoi leur état d'esprit peut se résumer ainsi: "Nous sommes musulmans, mais nous pouvons aussi nous amuser." Le croyant, pour sa part, comprend que:

Rien (homme, chose, événement, etc.) ne crée sa propre beauté. Dieu est le Créateur de toute chose et notamment de la beauté. Dans la mesure où une personne n'a ni conçu ni façonné son propre visage, sa beauté appartient donc à Dieu.

Dieu a accordé temporairement la beauté à l'homme qu'Il créa à partir de rien. Seul Dieu est capable de recréer cette beauté dans l'Au-delà, sous une forme encore plus parfaite.

Tous les êtres humains méritant l'amour sont créés par Dieu avec une certaine beauté. Afin qu'ils se remémorent le propriétaire réel (Dieu) de cette beauté, Dieu fait en sorte que la beauté périssent avec la mort. Dans l'Au-delà, toutes les créatures seront recréées.

Ceci étant dit, le croyant aime tout ce qu'il est amené à rencontrer dans ce monde, car il sait que l'ensemble appartient à Dieu et qu'il reverra cette beauté sous sa forme originale dans l'Au-delà. Par conséquent, son amour est pour Dieu, Celui qui lui fournit tout ce qu'il aime: Il est le véritable propriétaire de toute sorte de beauté.

L'amour qu'éprouvent les croyants repose sur la foi en Dieu tandis que le sentiment ressenti par les non-croyants se base sur l'associationnisme. Dans le Coran, cette forme d'amour est décrite à travers les mots du Prophète Ibrahim:

Et Ibrahim dit: "En effet, c'est pour cimenter des liens entre vous dans la vie présente, que vous avez adopté des idoles, en dehors d'Allah. Ensuite, le Jour de la Résurrection, les uns rejetteront les autres, et les uns maudiront les autres, tandis que vous aurez le Feu pour refuge, vous n'aurez pas de protecteur." (Sourate al-Ankabut, 25)

Said Nursi, également connu sous le nom Bediuzzaman (le prodige de l'époque), l'un des plus grands savants islamiques du vingtième siècle, assimile cet amour à celui d'un homme qui regarde le soleil à travers un miroir dans sa main. Lorsque le miroir se brise, l'homme éprouve une grande détresse car la lumière ne s'y réfléchit plus. Or, son intelligence ne lui permet pas de concevoir que la lumière vient d'ailleurs que du miroir. La lumière provient du soleil et les miroirs n'en sont que le reflet.

Le croyant montre tout son amour pour Dieu. Aimer Dieu équivaut à aimer les êtres, reflets des attributs de Dieu.

Aussi le croyant prouve-t-il son amour pour Dieu en aimant les croyants dont les manières et les valeurs morales sont bonnes aux yeux de Dieu. Ce sentiment ne repose nullement sur les liens familiaux, ni sur la race, ni tout autre intérêt. Il est simplement question d'aimer ceux qui aiment Dieu. Dans le Coran, notre Seigneur dépeint l'amour entre croyants en se référant aux liens entre les compagnons du Prophète (sur lui la grâce et la paix):

Il appartient également à ceux qui, avant eux, se sont installés dans le pays et dans la foi, qui aiment ceux qui émigrent vers eux, et ne ressentent dans leurs cœurs aucune envie pour ce que ces immigrés ont reçu et qui les préfèrent à eux-mêmes, même s'il y a pénurie chez eux. Quiconque se prémunit contre sa propre avarice, ceux-là sont ceux qui réussissent. (Sourate al-Hasr, 9)

Le Coran souligne que l'amour qui unit les croyants provient de Dieu :

A ceux qui croient et font de bonnes œuvres, le Tout Miséricordieux accordera Son amour. (Sourate Maryam, 96)

O Yahyâ, tiens fermement au Livre!" Nous lui donnâmes la sagesse alors qu'il était enfant, ainsi que la tendresse de Notre part et la pureté. Il était pieux. (Sourate Maryam, 12-13)

Les croyants aiment Dieu seul et ceux qui ont foi en Lui, ce qui signifie qu'ils ne ressentent aucun amour pour celui qui se rebelle contre Dieu:

O vous qui avez cru! Ne prenez pas pour allié Mon ennemi et le vôtre, leur offrant l'amitié, alors qu'ils ont nié ce qui vous est parvenu de la vérité. Ils expulsent le Messager et vous-mêmes parce que vous croyez en Allah, votre Seigneur. Si vous êtes sortis pour lutter dans Mon chemin et pour rechercher Mon agrément, leur témoignerez-vous secrètement de l'amitié, alors que Je connais parfaitement ce que vous cachez et ce que vous divulguez? Et quiconque d'entre vous le fait s'égare de la droiture du sentier. Certes, vous avez eu un bel exemple en Ibrahim et en ceux qui étaient avec lui, quand ils dirent à leur peuple: "Nous vous désavouons, vous et ce que vous adorez en dehors d'Allah. Nous vous renions. Entre vous et nous, l'inimitié et la haine sont à jamais déclarées jusqu'à ce que vous croyiez en Allah, seul." (Sourate al-Mumtahana, 1-4)

O vous qui croyez! Ne prenez pas pour alliés, vos pères et vos frères s'ils préfèrent la mécréance à la foi. Et quiconque parmi vous les prend pour alliés... ceux-là sont les injustes . (Sourate at-Tawbah, 23)

Tu n'en trouveras pas, parmi les gens qui croient en Allah et au Jour dernier, qui prennent pour amis ceux qui s'opposent à Allah et à Son Messager, fussent-ils leurs pères, leurs fils, leurs frères ou les gens de leur tribu... (Sourate al-Mujadalah, 22)

Comme nous l'indiquent ces versets, l'amour du croyant ne prend pour critère que "l'amour éprouvé pour Dieu". Ce sentiment, nullement influencé par la parenté ou la richesse matérielle, est profondément enraciné dans la foi et les valeurs nobles. Le croyant aime ceux dont la foi est assurée plutôt que ceux qui ont la renommée, la richesse ou un statut social élevé.

Purifié de tout ce qui n'a pas trait à "l'amour pour Dieu", le croyant aime celui qui craint Dieu et qui cherche Sa satisfaction. Plus une personne possède d'attributs propres au croyant, plus elle est aimée des croyants. Dans le Coran, nous avons des exemples de croyants qui chérissent le Prophète (sur lui la grâce et la paix) le plus proche de Dieu et le plus craintif à l'égard de Dieu:

Le Prophète a plus de droit sur les croyants qu'ils n'en ont sur eux-mêmes… (Sourate al-Ahzab, 6)

L'amour du croyant repose sur la foi. Il en va de même pour le mariage. Les non-croyants établissent souvent leur mariage en raison de bénéfices matériels mutuels. C'est particulièrement vrai pour les femmes qui cherchent "un mari riche" pour répondre à leur exigence en terme de qualité de vie. À partir du moment où elles obtiennent ce qu'elles veulent, elles acceptent d'avoir pour mari quelqu'un qu'elles n'affectionnent pas. Cela ressemble à un accord commercial où les deux parties y trouvent leur compte mais sont liées à vie.

Les exemples de ce type de mariages sont légion. Beaucoup de jeunes femmes épousent de vieux débauchés seulement pour leur argent ou leur renommée.

Lorsque ce ne sont pas les profits matériels qui sont engagés, c'est l'aspect physique ou l'attirance qui entre en jeu. C'est pourquoi certaines femmes épousent des hommes uniquement pour leur charme et parce qu'ils répondent à l'image du "prince charmant sur son cheval blanc".

Le problème est que les traits physiques, la beauté, sont amenés à disparaître. Tous les hommes vieillissent. Un jour ou l'autre, Dieu reprendra ce qu'Il a accordé de fortune, de beauté ou de santé à chacun. Ne suffit-il pas d'une seconde pour qu'un accident se produise, défigurant ou paralysant le plus beau des hommes ou la plus belle des femmes? Dans ces conditions, qu'adviendra-t-il d'un tel mariage?

Que fera la femme dont le mari devient aveugle, alors qu'elle l'avait épousé pour ses beaux yeux? Elle se rendra alors vraisemblablement compte de l'erreur faite en prenant la plus importante décision de sa vie.

Le croyant vise le Paradis éternel dans l'Au-delà. Sa vie est consacrée au plaisir de Dieu et à la recherche "du salut et du bonheur". Il voue ses prières et sa vie entière à Dieu, aussi vouera-t-il également son mariage à Dieu.

Le mariage contracté pour satisfaire Dieu est certainement différent de celui basé sur l'associationnisme. Dans un tel mariage, l'argent, la renommée ou la beauté n'entre nullement en ligne de compte. Le seul but est de gagner le plaisir de Dieu. Le véritable croyant cherchera à épouser quelqu'un qui le rapprochera de Dieu. Il épousera une personne qu'il estimera fidèle à Dieu et supérieure en piété (taqwa).

C'est pour cette raison que certaines femmes vivant à l'époque du Prophète Mohammed (sur lui la grâce et la paix) exprimèrent leurs souhaits d'épouser le Prophète (sur lui la grâce et la paix). Quant à celles qui firent un autre choix, elles désiraient "la vie de ce monde et sa parure", comme le rapporte le Coran:

O Prophète! Dis à tes épouses: "Si c'est la vie présente que vous désirez et sa parure, alors venez! Je vous donnerai les moyens d'en jouir et vous libérerai sans préjudice. Mais si c'est Allah que vous voulez et Son Messager ainsi que la demeure dernière, Allah a préparé pour les bienfaisantes parmi vous une énorme récompense." (Sourate al-Ahzab, 28-29)


Les attributs du croyant



Celui qui adapte sa vie aux prescriptions du Coran aimera également ceux qui vivent en accord avec le Coran, c'est-à-dire les croyants. Grâce à la foi qu'ils ont en Dieu, les croyants développent des caractéristiques qui invitent à l'amour. Le croyant cherchera spontanément ces traits et chérira ceux qui les incarnent.

Voici les nobles qualités des croyants telles que décrites dans le Coran:

 Le croyant sert Dieu seul. Il n'a d'autre idole en dehors de Lui. (Sourate al-Fatiha: 1-7 - Sourate an-Nisa': 36)

Il craint Dieu. Il se garde de faire ce que Dieu interdit ou ce qui est contraire à Sa volonté. (Sourate 3, Al'Imran: 102 - Sourate YaSin: 11 - Sourate at-Taghabun: 16 - Sourate az-Zumar: 23)

Il fait confiance à Dieu seul. (Sourate al-Baqara: 249 - Sourate at-Tawba: 25-26) Il ne craint personne en dehors de Dieu. (Sourate al-Ahzab: 39)

Il est toujours reconnaissant envers Dieu. La prospérité ne le rend pas prétentieux, ni l'indigence malheureux. (Sourate al-Baqara: 172 - Sourate al-Isra': 3 - Sourate Ibrahim: 7)

Sa foi est sûre. Il ne peut s'imaginer se détourner de Dieu. C'est toujours avec plus de zèle et d'ardeur qu'il se consacre à Lui. (Sourate 49, al-Hujurat: 15 - Sourate al-Baqara: 4)

Il est fidèle au Coran dans son cœur et dans son attitude. Il abandonne toute conduite contraire aux enseignements du Coran. (Sourate al-A'raf: 170 - Sourate al-Ma'ida: 49 - Sourate al-Baqara: 121)

Il se rappelle constamment de Dieu et sait qu'Il entend et voit tout. Il a toujours la toute puissance éternelle de Dieu à l'esprit. (Sourate Al 'Imran: 191 - Sourate ar-Ra'd: 28 - Sourate an-Nur: 37 - Sourate al-A'raf: 205 - Sourate al-'Ankabut: 45)

Il se tourne vers l'Au-delà qui est son principal objectif. Il jouit également des bienfaits terrestres et aspire à un environnement similaire au Paradis. (Sourate an-Nisa': 74 - Sourate Sad: 46 - Sourate al-A'raf: 31-32)

Seuls Dieu et les croyants sont ses amis et ses intimes. (Sourate al-Ma'ida: 55-56 - Sourate al-Mujadala: 22)

Il est doué de raison. Il est consciencieux dans son adoration et reste vigilant à tout instant. Il est serviable dans la mesure où ses services sont dans l'intérêt des croyants et de la religion. (Sourate al-Mu'min: 54 - Sourate az-Zumar: 18)

Il fait un maximum d'efforts dans la voie de Dieu. Il lutte contre les non-croyants, et particulièrement leurs représentants, de manière intelligente. Dans sa lutte, il n'y a pas de place pour la frustration ou la faiblesse. (Sourate al-Anfal: 39 - Sourate al-Hajj: 78 - Sourate al-Hujurat: 15 - Sourate at-Tawba: 12)

Il n'hésite pas, par crainte des autres, à dire la vérité. Il ne craint ni les attaques, ni les plaisanteries et les railleries, ni la censure humaine. (Sourate al-Ma'ida: 54-67 - Sourate al-A'raf: 2)

Il utilise plusieurs voies pour véhiculer le message de Dieu et inviter les hommes à la religion de Dieu. (Sourate Nuh: 5-9)

Il n'opprime pas autrui. Il est clément et doux. (Sourate an-Nahl: 125 - Sourate at-Tawba: 128 - Sourate Hud: 75)

Il ne se laisse pas emporter par la colère. Il est tolérant et il pardonne. (Sourate Al'Imran: 134 - Sourate al-A'raf: 199 - Sourate ash-Shu'ara: 40-43)

Il est digne de confiance. Par sa forte personnalité, il impressionne et inspire la confiance. (Sourate ad-Dukhan: 17-18 - Sourate at-Takwir: 19-21 - Sourate al-Ma'ida: 12 - Sourate an-Nahl: 120)

Il est accusé de sorcellerie ou de folie. (Sourate al-A'raf: 132 - Sourate Yunus: 2 - Sourate Sad: 4 - Sourate al-Hijr: 6 - Sourate al-Qamar: 9)

Il est soumis à l'oppression. (Sourate ash-Shu'ara: 49; 167 - Sourate al-'Ankabut: 24 - Sourate Yasin: 18 - Sourate Ibrahim: 6 - Sourate 27, an-Naml: 49-56 - Sourate 11, Hud: 91)

Il persévère face à l'adversité. (Sourate al-'Ankabut: 2-3 - Sourate al-Baqara: 156; 214 - Sourate Al'Imran: 142; 146; 195 - Sourate al-Ahzab: 48 - Sourate Mohammed: 31 - Sourate al-An'am: 34)

Il ne craint ni l'oppression ni la mort. (Sourate at-Tawba: 111 - Sourate Al'Imran: 156-158; 169-171 - Sourate ash-Shu'ara': 49-50 - Sourate as-Saffat: 97-99 - Sourate an-Nisa': 74)

Les non-croyants se moquent de lui et complotent contre lui. (Sourate al-Baqara: 14; 212)

Il est sous la protection de Dieu. Tous les complots le visant n'aboutissent pas. Dieu le protège contre toute médisance et l'exalte. (Sourate Al'Imran: 110-111 et 120 - Sourate Ibrahim: 46 - Sourate al-Anfal: 30 - Sourate an-Nahl: 23 - Sourate Yussuf: 34 - Sourate al-Hajj: 38 - Sourate al-Ma'idah: 42 et 105 - Sourate an-Nisa': 141)

Il se méfie du non-croyant. (Sourate an-Nisa': 71 et 102 - Sourate Yussuf: 67)

Satan et ses disciples sont ses ennemis. (Sourate Fatir: 6 - Sourate az-Zukhruf: 62 - Sourate al-Mumtahana: 1 - Sourate an-Nisa': 101 - Sourate al-Ma'ida: 82)

Il combat les hypocrites. Il ne cherche pas la compagnie de ceux qui ont une attitude hypocrite. (Sourate at-Tawba: 83; 95 et 123)

Il empêche la tyrannie de ceux qui rejettent la religion. (Sourate al-Ahzab, 60-62 - Sourate al-Hashr, 6 - Sourate at-Tawbah, 52)

Il agit après consultation des autres croyants. (Sourate ash-Shura: 38)

Il n'aspire pas à une vie pleine d'ostentation comme celles des non-croyants. (Sourate al-Kahf: 28 - Sourate at-Tawba: 55 - Sourate Ta-Ha: 131)

La richesse et le statut ne l'impressionnent pas. (Sourate al-Hajj, 41 - Sourate al-Qasas, 79-80 - Sourate an-Nahl, 123)

Il accomplit tous les actes d'adoration de la meilleure manière. (Sourate al-Baqara, 238 - Sourate al-Anfal, 3 - Sourate al-Mu'minun: 1-2)

Il ne suit pas la majorité mais ce que Dieu a décrété. (Sourate al-An'am, 116)

Il tâche de se rapprocher de Dieu et de servir de bon exemple aux croyants. (Sourate al-Ma'ida, 35 - Sourate Fatir, 32 - Sourate al-Waqi'a, 10-14 - Sourate al-Furqan, 74)

Satan ne parvient pas à l'influencer. (Sourate al-A'raf, 201 - Sourate al-Hijr, 39-42 - Sourate an-Nahl, 98-99)

Il ne suit pas ses ancêtres aveuglément. Son comportement concorde avec les enseignements coraniques. (Sourate Ibrahim: 10 - Sourate Hud: 62 et 109)

Il ne permet pas que l'on maltraite les femmes (Sourate an-Nur: 4 - Sourate at-Talaq: 6 - Sourate al-Baqara: 231 et 241 - Sourate an-Nisa': 19)

Il évite le gaspillage. (Sourate al-An'am: 141 - Sourate al-Furqan: 67)

Il préserve sa chasteté par le mariage, selon le souhait de Dieu. (Sourate al-Mu'minun: 5-6 - Sourate an-Nur: 3, 26 et 30 - Sourate al-Baqara: 221 - Sourate al-Ma'ida, 5 - Sourate al-Mumtahana: 10)

Il est modéré dans sa pratique de la religion. (Sourate al-Baqara: 143 - Sourate 4, an-Nisa': 171)

Il n'hésite pas à faire des sacrifices. (Sourate al-Insan: 8 - Sourate Al-'Imran: 92 et 134 - Sourate at-Tawba: 92)

Il est pointilleux quant à la propreté. (Sourate al-Baqara: 125 et 168 - Sourate al-Muddaththir: 1-5)

Il attache de l'importance à l'esthétique et à l'art. (Sourate Saba': 13 - Sourate an-Naml: 44)

Il n'espionne pas et ne médit pas des croyants. (Sourate al-Hujurat: 12) Il évite la jalousie. (Sourate an-Nisa': 128)

Il implore le pardon de Dieu. (Sourate al-Baqara: 286 - Sourate Al'Imran: 16-17; 147 et 193 - Sourate al-Hashr: 10 - Sourate Nuh: 28)


L'oppression contre les croyants



Les attributs du croyant sont en fait de deux sortes:

Il y a d'une part les qualités dont le croyant fait preuve de son propre gré ; comme par exemple le fait d'être le serviteur de Dieu, de faire des sacrifices ou d'être modeste.

D'autre part, il y a les qualités que le croyant doit démontrer pour faire face à des situations en dehors de son contrôle, par exemple les complots ourdis contre lui ou les moqueries des autres. Ces qualités permettent en l'occurrence d'identifier les croyants sincères.

Les qualités du premier type peuvent être imitées. Aussi l'hypocrite peut-il accomplir tous les rites d'adoration ou faire de sacrifices dans la mesure où cela lui profite. En revanche, lorsqu'il est question d'oppression, on découvre qui est croyant et qui est hypocrite car les qualités requises dans ce genre de situation ne sont pas imitables.

D'où l'importance de ces qualités quand il s'agit d'évaluer les croyants. Ces critères qui ne sont autres que les lois immuables de Dieu exposées dans le Coran doivent être ainsi pris en considération afin de vérifier si une communauté est faite de croyants sincères.

Les situations vécues par les musulmans par le passé devraient être notre point de référence dans l'estimation des oppressions subies par les musulmans aujourd'hui. Le Coran relate les difficultés et les calomnies ayant visé les premiers musulmans:

Pensez-vous entrer au Paradis alors que vous n'avez pas encore subi des épreuves semblables à celles que subirent ceux qui vécurent avant vous?  ... (Sourate al-Baqarah, 214)

Les épreuves subies par les croyants du passé nous amènent à un point intéressant. Les ennemis des prophètes et de croyants ne disaient pas: "Ces gens croient en Dieu et cherchent Sa satisfaction" ou "Ces gens ne connaissent pas l'immoralité comme nous, ils possèdent de nobles valeurs." Au contraire, ils tentaient de calomnier les croyants en les accusant de manière très inconvenante.

Ces non-croyants n'oseraient pas dire: "Nous nous rebellons contre Dieu. Nous n'avons aucune limite morale. Nous voulons persécuter ces personnes qui ne nous profitent en rien." Il ne serait pas sage d'attendre de ces individus qu'ils profèrent des paroles telles que: "Ces hommes obéissent aux commandements de Dieu, tandis que nous sommes des transgresseurs." Au contraire, ils s'efforceront de légitimer leurs calomnies en dupant les croyants et en se présentant comme des "personnes honnêtes et décentes". Dans les histoires relatées dans le Coran, on peut lire que cette même méthode fut utilisée pour nuire aux croyants du passé.

Le Prophète Noé, comme d'autres prophètes, invita son peuple à servir Dieu seul. Un système basé sur la soumission à Dieu seul entravait les intérêts des dirigeants qui accumulaient richesse et statut et ils n'avaient nulle envie d'admettre que le discours de Noé allait à l'encontre de leurs intérêts. Au contraire, ils l'accusèrent même de poursuivre ses propres intérêts de "statuts et de prestige" comme l'indiquent les versets suivants:

Nous envoyâmes Noé vers son peuple. Il dit: "Ô mon peuple, adorez Allah. Vous n'avez pas d'autre divinité en dehors de Lui. Ne Le craignez-vous pas?" Alors les notables de son peuple qui avaient mécru dirent: "Celui-ci n'est qu'un être humain comme vous voulant se distinguer à votre détriment." (Sourate al-Muminune, 23-24)

Le Prophète Moïse et le Prophète Aaron furent exposés aux mêmes accusations. Pharaon et ses proches leur dirent:"Est-ce pour nous écarter de ce sur quoi nous avons trouvé nos ancêtres que tu es venu à nous, et pour que la grandeur appartienne à vous deux sur la terre? Et nous ne croyons pas en vous." (Sourate Yunus, 78)

Les calomnies à l'encontre des croyants peuvent atteindre des proportions inimaginables. Tout au long de l'histoire, les messagers de Dieu furent accusés d' "ensorceler et de tromper" les croyants autour d'eux:

Ils dirent: "Voici deux magiciens qui, par leur magie, veulent vous faire abandonner votre terre et emporter votre doctrine idéale." (Sourate Taha, 63)

…et les infidèles disent: "C'est un magicien et un grand menteur". (Sourate as-Sad, 4)

L'ambition première des calomniateurs est de montrer une image du musulman qui a les mêmes vices qu'eux-mêmes. Ils allèrent même jusqu'à insulter le noble Prophète Noé: "C'est plutôt un grand menteur, plein de prétention et d'orgueil."(Sourate al-Qamar, 25)

Le croyant est souvent taxé de "fou". En réalité, le non-croyant ne comprend pas le concept qui consiste à "gagner la satisfaction de Dieu" et ne saisit donc pas la portée des actes du croyant. Il ne voit pas pourquoi le croyant se comporte de manière désintéressée ni pourquoi il consacre sa vie à Dieu. Selon lui, une telle attitude est signe de folie. Pharaon ne dit-il pas du Prophète Moïse: "Vraiment votre messager qui vous a été envoyé, est un fou." (Sourate ash-Shu'ara, 27) De même, lorsqu'il renia le Prophète Noé, son peuple dit:"… C'est un possédé…" (Sourate al-Qamar, 9)

Par ailleurs, les croyants furent également accusés d'adultère. Le Prophète Yussuf et Marie, deux modèles pour le croyant homme ou femme, sont deux nobles personnes qui furent exposées à cette calomnie. Les non-croyants accusèrent de nombreux prophètes d'être "dans un égarement manifeste." (Sourate al-Araf, 60)

Il ne faut néanmoins pas limiter ces situations au passé. Le Coran nous informe que d'autres croyants peuvent subir le même sort. En effet, dés lors que le croyant défend la véritable religion et dérange par conséquent ceux qui s'en éloignent, il s'expose aux mêmes accusations.

Parfois les non-croyants propagent toute une campagne de diffamations. C'est pourquoi le Coran nous invite, avant toute enquête complète, de ne pas croire aux nouvelles répandues par ces "déviateurs ". Dieu nous met en garde ainsi :

O vous qui avez cru! Si un pervers vous apporte une nouvelle, voyez bien clair (de crainte) que par inadvertance vous ne portiez atteinte à des gens et que vous ne regrettiez par la suite ce que vous avez fait.(Sourate al-Hujurat, 6)

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