Harun Yahya

Une voie vers un nouvel Iran? Espérons


 

L'Iran a récemment proposé de procéder à un certain nombre de mesures démocratiques. L'une d'elles était une approche réformiste qui n'avait jamais été mentionnée au cours des 30 dernières années.   


Bien sûr, l'embargo économique, l'isolement et la possibilité d'une opération militaire contre l'Iran étaient tous des facteurs importants dans cette démarche effectuée par Téhéran. 

Le langage utilisé par le nouveau président de l'Iran, Hassan Rohani, dans son discours à l'ONU portait des traces de ce changement. Ce discours – qui a commencé avec les mots: "Oui à la paix, non à la guerre", dans lequel il a souligné qu'ils étaient opposes à toutes formes d'extrémisme et de violence, a reconnu l'holocauste juif et a terminé en se référant aux valeurs communes de la Torah, des Évangiles et du Coran – était hautement significatif.

Sa conversation téléphonique avec le président américain Barack Obama, alors qu'il était à New York, a également été accueillie favorablement par la communauté internationale et a suscité l'espoir que l'Iran pourrait encore être réconcilié avec le monde. L'accent mis par le président Rohani sur le fait qu'en aucun cas l'Iran n'a eu "l'intention de posséder des armes de destruction massive" était probablement un autre facteur qui adoucit l'opinion publique (www.nydailynews.com).

L'administration de Téhéran en faveur d'un accord qui faciliterait l'opinion international lors des négociations à Genève avec la commission P5+1 sur le thème de la transparence de ses programmes nucléaires, la question la plus préoccupante pour elle. 

La communauté internationale et l'Iran ont récemment franchi une étape historique sur un différend qui a duré près de 20 ans à cause du programme nucléaire de Téhéran. Ils ont négocié un accord de six mois avant un autre accord plus complet.

D'autre part, cependant, selon certaines sources, avec l'arrivée au pouvoir de Rohani, le nombre d'exécutions a augmenté. Plus de 800 prisonniers ont été exécutés au cours des 18 derniers mois et 209 d'entre eux l'ont été après que Rohani ait pris ses fonctions. 

L'intolérance de la liberté d'idées a été de nouveau révélée par la fermeture du journal Bahar. Le rapporteur spécial de l'ONU, Ahmed Shaheed, a écrit que jusqu'à 600 journalistes ont été décrits comme des membres d'un gang "opposé à l'État" et que les femmes sont encore victimes de discrimination, avec la disqualification de 30 candidates inscrites contre Rohani aux élections de juin, et le fait que 500 défenseurs des droits de l'homme sont en détention. On a ensuite interdit à Shaheed d'entrer en Iran rapidement à cause de ce rapport.  

Bien que les vents de changement en Iran semblent positifs, le vrai problème est le fondamentalisme et le manque d'amour, qui est une conséquence naturelle de celui-ci. L'Iran doit abandonner cette politique de haine et doit avant tout viser à devenir un "centre mondial de l'amour".  

Il est évident que des mesures vers l'égalité entre les sexes ont été prises au début du mandat de Rohani, et trois femmes ont été nommées à des postes officiels importants, des athlètes féminines ont également été autorisées à prendre part aux championnats du monde. D'autre part, cependant, comme la journaliste française d'origine iranienne Delphine Minoui décrit dans son livre Les Pintades á Téhéran- Chroniques de la vie des Iraniennes, les femmes en Iran sont toujours confrontées à une oppression importante.

Hooman Majd, un journaliste américain d'origine iranienne et l'auteur du livre L'ayatollah supplie de différer décrit la grisaille de la vie sociale en Iran: "Eh bien, tout ce qui se passe vraiment, je veux dire, tout se qui se passe d'intéressant se passe derrière des portes closes. Vous verrez des gens dans les restaurants, vous verrez les faire du shopping, mais vous ne voyez pas un groupe d'Iraniens très joyeux qui vaquent à leurs activités quotidiennes. Les gens sont plutôt austères, mais une fois qu'ils sont derrières des portes closes et qu'ils peuvent être libres eux, vous verrez un Iranien complètement différent, je pense, à cause des restrictions sociales aujourd'hui. C'est ainsi que les gens se divertissent". 

Ce que Rohani doit faire maintenant, c'est de déraciner complètement cet état d'esprit fondamentaliste et oppressif qui se trouve au fond des limitations dans la vie sociale et de l'éradiquer de l'Iran. Avec un tel état d'esprit, l'Iran entraîne l'Occident à voir l'Islam comme un système répressif et introverti, qui est loin de la vérité. 

L'Iran doit devenir un pays qui jouit d'une plus grande liberté d'idées autant que possible, où les gens  peuvent agir sur leurs croyances religieuses comme ils le souhaitent, où les gens qui ont change leurs croyances ne sont pas jugés et emprisonnés, où les gens ayant toutes croyances sont embrassés sans discrimination, où les femmes sont valorisées et où les jeunes peuvent avoir un mode de vie extrêmement moderne.     

Le fondamentalisme et le manque d'amour laissés par les jours du Pacte de Varsovie affectent également la vie quotidienne en Iran. L'absence d'âme des 60 dernières années rendent l'Iran, avec sa vulnérable histoire de 6000 ans d'histoire, gris et terne. 

L'Iran devrait être un pays où l'art, la culture et la beauté se rencontrent, qui embrasse les gens de toutes les croyances, qui applique la démocratie au maximum possible et qui prospère sur l'amour et non sur la haine.    

Les villes iraniennes devraient attire le monde entier avec leur qualité, leur joie, l'art et les modes de vie modern et devraient incarner les vertus rationnelles et supérieures où les femmes peuvent être impliquées dans tous les domaines.

Si l'Iran fait cela, il donnera un grand soutien à l'établissement de la paix au Moyen-Orient qu'on désire depuis tant d'années.   

L'article d'Adnan Oktar publié sur Jakarta Post

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